La ligne de démarcation
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la ligne de démarcation

Réalisation : Claude Chabrol
Long-métrage
Durée : 115 min
Année de production : 1966
Synopsis
Zone libre, zone occupée. Entre les deux, la ligne de démarcation, gardée nuit et jour par les forces allemandes. Nous sommes près de cette fameuse ligne, en 1941, dans le Jura. Les habitants d’un village « frontalier » ont établi l’union sacrée, pour faciliter la tâche des « passeurs » qui, au prix de terribles diflicultés, font traverser la voie vers la liberté et le salut. Des heurts se produisent parfois.
Ainsi, l’un des passeurs fait richement payer ses services et, même, abandonne une famille juive qui sera déportée.
Un jour, un aviateur américain tombe dans les environs. Il faut le cacher, le soigner, l’aider, et, bien sûr, lui faire passer la fameuse ligne.
Un médecin, le docteur Lataye, est appelé. Arrêté, ce dernier s’empoisonne pour ne pas livrer ses camarades. La châtelaine, sujette anglaise, est arrêtée par la Gestapo. Son mari, un capitaine de l’armée française, le comte Pierre de Damville, homme froid et réservé, comprend le sens du combat mené par les villageois dont il se propose de partager l’action. Justement, un stratagème a été mis au point pour foire passer le fugitif dans un cercueil à double tond.
L’opération mise en place est sur le point d’échouer. Le châtelain donnera sa vie pour la faire réussir. Et le cercueil, emmenant le jeune aviateur, passe la ligne de démarcation. (adaptation du livre La ligne de démarcation de Gilbert Renault, alias colonel Rémy).
Critiques
On s’attendait à autre chose. Soit à un film plein de mouvement et d’aventures. Soit – ce qui eût été préférable – à un récit analysant en profondeur l’humble courage de ces  » passeurs  » qui, au mépris de leur vie, faisaient franchir aux réfugiés de la zone occupée la ligne de démarcation qui les séparait de la zone libre.
Par crainte peut-être de tomber dans la grandiloquence, Claude Chabrol a préféré donner à son film le ton d’une chronique unanimiste et un peu grise. C’est d’abord la vie d’un petit village français  » à l’heure allemande  » qu’il évoque. Et certes il se passe plus de choses qu’ailleurs dans ce village que sa situation géographique prédispose à jouer un rôle dans la Résistance naissante. Les  » passeurs  » accomplissent leur dangereuse besogne, deux parachutistes sont recherchés par la Gestapo, un médecin se suicide pour ne pas parler, l’instituteur et le curé organisent la fuite de l’un des parachutistes.
Ces exploits et ces drames, Claude Chabrol nous les décrit comme des faits divers quotidiens, en gommant au maximum le caractère spectaculaire qu’ils pourraient avoir. Discrétion certainement voulue par le colonel Rémy (auteur de l’ouvrage dont le film s’inspire) et dont on louerait sans réserve le réalisateur si les personnages du film nous procuraient cette même impression d’authenticité.
Ce n’est malheureusement pas le cas. Alors que nous croyons aux événements, nous ne parvenons pas à nous intéresser à ceux qui en sont les héros ou les témoins. Ils nous échappent, comme s’ils appartenaient à un autre univers, à un univers romanesque qui n’est pas celui du film. Sans même parler du caractère quasi vaudevillesque de certains comparses (l’ancien combattant au verbe dru, le mouchard cauteleux ou le bon curé qui n’hésite pas à se compromettre), il faut bien reconnaître que les portraits que trace Chabrol de ses résistants ou de cet officier français moralement et physiquement brisé par la défaite nous apparaissent extrêmement superficiels et d’une psychologie élémentaire.
C’est cette vacuité des personnages qui empêche le film d’être ce qu’il devrait être. Malgré tout ce que nous rappelle cette Ligne de démarcation (1), nous ne sommes jamais émus ou passionnés. Un certain  » souffle  » ne passe pas. Et cela même quand résonne la Marseillaise finale. (Le Monde 31/05/1966)
Comment voir ce film ?
Il existe en DVD

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