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Pierre-Alban Thomas (P.A.T.)

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Biographie

Pierre-Alban Thomas est né le 7 août 1922 à Noyers-sur-Cher, dans le Loir-et-Cher. Il fut élève à l’école communale de Candé-sur-Beuvron. Le sigle anthroponymique « P.A.T. » qui lui est donné par ses camarades des cours complémentaires de Selles-sur-Cher vers l’âge de 15 ans, accompagnera Pierre-Alban Thomas toute sa vie, et sera son pseudonyme de résistant. Originaire de la vallée du Cher, il grandit dans une famille où ses grands-parents étaient agriculteurs et sa mère institutrice. Son père, commerçant, décède en 1926. Son oncle, adhérent au Parti Communiste depuis le congrès de Tours en 1920, lui transmet une sensibilité communiste qui évoluera plus tard vers l’écologie. ​

Dès 1940, alors qu’il est élève-maître à l’École normale, Pierre-Alban s’engage dans la résistance en rejoignant le réseau « France-Liberté » le 1er novembre 1940, affilié au Musée de l’Homme et aux Forces Françaises Libres (FFL). ​Il participe à des actions telles que la récupération d’armes, l’aide aux prisonniers évadés, le passage de clandestins et de juifs en zone non occupée, des distributions de tracts, ainsi que des sabotages et des embuscades. ​

En 1943, appelé pour le Service du Travail Obligatoire (STO) en Allemagne, il tente de rejoindre les troupes gaullistes en Afrique du Nord via l’Espagne, mais échoue. ​ Ses camarades sont arrêtés et déportés, tandis qu’il est recueilli par un maquis des Francs-Tireurs et Partisans (FTP), proche de Tarbes (Nay). Par suite de plusieurs actions de sabotages dans ce secteur du sud-ouest, P.A.T. revient dans le Loir-et-Cher en septembre 1943.

Courant janvier 1944, sous l’impulsion des instituteurs Marcel Bisault et André Vieuguet, P.A.T. prend la responsabilité d’un groupe F.T.P. Il mène des actions de résistance telles que des déraillements avec Ferdinand Delabre (Capitaine Auguste), des parachutages et des attaques  contre les convois ennemis. ​ Il participe également au combat de Souesmes en Sologne, qui fut une bataille marquante de la Résistance en Loir-et-Cher.

A la Libération, P.A.T. intègre l’école des cadres du Centre (4e RM). Le programme était celui de Saint Maixent mais en accéléré. Promu sous-lieutenant d’active il est envoyé le 15 février 1945 en renfort au 23e Régiment d’infanterie coloniale (RIC), 1er bataillon, 2éme Compagnie. L’unité traverse le Rhin à Leimersheim en avril. C’est la campagne d’Allemagne, notamment à Karlsruhe, Ettlingen, Kuppenheim, et Oberkirch. Il s’impose naturellement à ses hommes par son cran et son courage. Le 8 mai 1945, il célèbre la fin de la guerre en Allemagne, dans le village de Bisingen, avec ses camarades.

Après l’armistice, P.A.T. poursuit une carrière militaire en se portant volontaire pour l’Extrême Orient afin de continuer la lutte contre le Japon. Convaincu qu’il part en Indochine pour chasser l’ennemi japonais d’un territoire français. Il embarque à Marseille le 25 octobre 1945, sur le Stamford Victory pour débarquer à Saigon le 19 novembre 1945. De la fin 1945 à février 1948, le lieutenant Thomas, versé par l’état-major militaire aux services du renseignement, a parcouru de nombreuses régions tant en Cochinchine (Viêt-Nam du sud) : Saïgon (Hô Chi Minh-Ville), Gia Dinh, Binh Dong, Go Cong (Vinh Loï et Cho Gao), Dong Son, Bien Hoa, Thu Do Mot, Xuyen Moc, Phan Thiet, Dalat, Cap Saint-Jacques (Vung Tau), My Tho, Vĩnh Long, Can Tho ; qu’au Tonkin (Viêt-Nam du nord) ​: Haiphong, Hanoi, Nam Dinh, Haiduong, Hongay, Tien Yen, Gialam, Móng Cái, puis au Cambodge : Phnom Penh, Battambang, Pursat, Sisophon.

Proche du Parti Communiste Français (P.C.F.), il manifeste son désaccord, s’apercevant que cette guerre qui devait être de libération devient, à son sens, une guerre d’occupation.

De retour en France, Pierre-Alban se marie à Blois le 28 avril 1948 avec Lucienne Simon qui était sa marraine de guerre.

Son engagement militaire se poursuivra en Algérie d’août 1954 au 10 septembre 1957, et du 4 octobre 1959 au 24 avril 1962. Durant ces deux séjours, P.A.T. parcourra le Constantinois : Clairefontaine et Laverdure ; puis la Kabylie : Bordj-Bou-Arréridj, M’Sila (aux portes du désert), Djidjelli, El Hanser (près d’El Milia), et l’Oranie : Oran, Bou-Hanifia, Tébessa, Dublineau, Arzew.

Il finira sa carrière militaire en 1972 comme Lieutenant-Colonel.

Ces expériences militaires le confrontent à des dilemmes moraux, notamment face aux méthodes coercitives utilisées dans les guerres de décolonisation. ​ Fidèle à ses principes humanistes et à son idéal de jeunesse, il dénonce publiquement la torture dès les années 1990, à travers des témoignages et des publications. ​ Il considère que la vérité doit être révélée pour préserver l’honneur de la France et de son armée. ​ Son regard est critique sur les campagnes coloniales françaises, qu’il considère comme une trahison de l’esprit de la Résistance.

Dès sa retraite, Pierre-Alban Thomas se consacre à la transmission de la mémoire de la Résistance et des valeurs d’humanisme, de justice sociale, de tolérance et de respect de la nature. ​ Il s’engage activement dans des interventions scolaires, des publications et des témoignages médiatiques. ​Jusqu’à ses derniers jours, il reste une figure emblématique de la Résistance et un fervent défenseur de la vérité historique. ​

Pierre-Alban Thomas décède tragiquement en 2016, à l’âge de 94 ans, à La Chaussée-Saint-Victor, où il vivait aux côtés de son épouse.

Bien que décoré de la légion d’honneur au titre de Chevalier (J.O. du 29/12/1959), P.A.T. était un homme humble, il portait seulement son « Moustique », Insigne des Forces Françaises Libres, symbole de fierté.

Après 27 années d’armée et le grade de Lieutenant-Colonel, Pierre-Alban Thomas a refusé que son cercueil soit recouvert du drapeau tricolore, et refusé aussi le coussin rouge avec ses médailles.  ll n’a jamais pardonné à l’armée française.

Il est un des fondateurs de l’ancien Musée de la Résistance, de la Déportation et de la Libération du Loir-et-Cher.

Bibliographie

SOURCE :

-La Résistance en Loir-et-Cher, Lucien Jardel et Raymond Casas, Pages : 143, 214, 264, 291, 292, 295, 297.

 -Mémoires à nos petits-enfants-Tome 1, Raymond Casas, Page : 411

Combat intérieur, Pierre-Alban Thomas, Éditions MEMO, (juillet 1998).

-https://www.francaislibres.net

Davy HUSSON le samedi 21 janvier 2017

https://polemixetlavoixoff.com

Carte de F.F.I. de Pierre-Alban Thomas
Faux papiers d'identité de Pierre-Alban Thomas.
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