Biographie
René Masson est né le 20 mars 1909 à Vallières-les-Grandes (Loir-et-Cher), au sein d’une famille modeste : son père était charron et sa mère couturière. Elle décède brutalement le 12 février 1917, privant René dès l’âge de huit ans de de son affection. Élève brillant, René fait ses études à l’École primaire supérieure d’Onzain, et intègre ensuite l’École Normale d’Instituteurs de Blois en septembre 1927, où il se forme pour devenir instituteur. Sa carrière commence à Saint-Amand-de-Vendôme, puis à Pray, au retour de son service militaire.
Le 4 avril 1935, René Masson épouse Yolande Koegler, avec qui il aura trois enfants, Jack, Guy et Josette. Il est nommé à Lavardin, puis à Bracieux en 1938. Il incarna la sensibilité, l’affabilité et la simplicité, tout en étant un maître dévoué et scrupuleux, ainsi qu’un secrétaire de mairie actif et engagé. Il milite pour la justice sociale, notamment au sein de la CGTU et du PCF, en créant des cellules communistes locales en collaboration avec le journal Le Travailleur du Loir-et-Cher.
René Masson est mobilisé le 26 août 1939. Après l’armistice du 22 juin 1940, il reprend son poste d’instituteur à Bracieux. Dès novembre 1940, il entre dans la Résistance, utilisant ses fonctions de secrétaire de mairie pour fabriquer de faux papiers et des cartes d’alimentation. Avec son épouse Yolande, employée à la Poste, il imprime et diffuse des tracts clandestins, et participe à la création du bulletin École et Libération. Il joue un rôle important dans l’organisation locale de la Résistance, notamment en regroupant avec Paul Berthereau et Marcel Bisault les instituteurs et en aidant les maquis. Ses qualités de leader et son courage lui valent d’être nommé lieutenant des FTP (Francs-Tireurs et Partisans).
Le 11 mai 1944, René Masson est arrêté par la Gestapo, à la suite d’une dénonciation. Sa femme, Yolande, est également arrêtée le lendemain. Incarcéré à la prison de Blois, puis à celle d’Orléans, René est déporté par le convoi du 18 juin 1944 au départ de Compiègne à destination de Dachau où il est enregistré sous le matricule 72764, et, transféré le 21 juillet à Flossenbürg, puis, affecté au kommando de travail d’Hersbrück (usine souterraine fabriquant des moteurs d’avion). Soumis aux terribles conditions des camps de concentration, il meurt d’inanition et de dysenterie le 10 novembre 1944.
Son épouse Yolande, déportée à Ravensbruck puis au kommando de Leipzig, parvient à s’évader lors de l’évacuation de son camp et retourne en France, où elle retrouve ses enfants. René Masson reste une figure emblématique de la Résistance en Loir-et-Cher. Il est honoré par une avenue à son nom à Bracieux et inscrit dans le livre d’or de l’enseignement public du Loir-et-Cher. L’école élémentaire de Bracieux porte son nom.
René Masson reçoit à titre posthume le grade d’Adjudant-chef (JO du 8/11/1950) et est décoré de la médaille militaire (Décret du 3 mars 1962, publié au JO le 8 mars 1962).
Biographie écrite par Martine Aubry-Rigny, Alain Casas et Denis Martin.
Bibliographie
SOURCE :
- https://maitron.fr/masson-rene-joachim/, notice MASSON René, Joachim par D. Lemaire, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 30 novembre 2010.
- La Résistance en Loir-et-Cher, Lucien Jardel et Raymond Casas, Pages : 53, 378
- Archives Arolsen
- Archives familiales Masson.
Documents
La brochure complète peut être téléchargée sur notre page Documents >>



