

Biographie
René est le 27 février 1911 au Grand-Pressigny en Indre-et-Loire et épouse Louise Piat en 1936, avec qui il a deux enfants. Résidant à Blois au 20, rue du bourg Saint-Jean, il travaille comme bourrelier aux Grandes Minoteries Blésoises et s’engage également dans le parti communiste. À la déclaration de guerre en 1939, il est mobilisé comme canonnier jusqu’à la démobilisation de l’armée française en août 1940. Il est ensuite engagé dans la Résistance auprès des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) à partir d’avril 1943, placé sous le commandement du chef interrégional Émile Dufois, dit « Jacques-François ». En décembre 1943, le commandant Roger Bourgouin lui assigne la mission de sergent responsable à la sécurité de ses supérieurs. C’est ainsi que dès le début de l’année 1944, il héberge Raymond Barbier, le jeune responsable FTPF des Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP) pour le Loir-et-Cher. Rapidement, peut-être par l’intermédiaire de sa voisine Jeanne Caumont, auxiliaire à la Préfecture de Loir-et-Cher, des relations sont nouées avec un groupe de résistants emmenés par Jean Galliot dans l’administration, ce qui permet à René de se procurer de fausses cartes d’identité pour la Résistance communiste.
Cependant, en mars 1944, une vague d’arrestations frappe la Résistance blésoise. René est arrêté le 28 mars sur son lieu travail, tandis que la police allemande trouve Raymond Barbier chez lui. René est incarcéré à la maison de correction de Blois, avant d’être transféré à Fresnes en mai 1944 puis déporté au camp de concentration de Natzweiler le 16 juin 1944. Avec le matricule 17 269, il possède le statut de NN, Nacht und Nebel, qui concerne les déportés résistants devant disparaître dans le secret. En raison de l’avancée des Alliés René est transféré de camps en camps, arrivant à Dachau le 6 septembre 1944 (matricule 101 969), puis à Neuengamme le 22 octobre 1944, à Gross-Rosen en janvier 1945 et enfin à Dora en février 1945 (matricule 110 407). Là, il est affecté au Kommando de Nordhausen, où sont envoyés principalement les inaptes au travail. Il y meurt en avril 1945, à l’âge de 34 ans, peu avant la libération du camp par les Alliés.
Sa mère Marie-Louise et sa femme Louise entreprennent de nombreuses démarches pour faire reconnaître l’activité de René dans la Résistance. Il est officiellement reconnu comme membre de la Résistance Intérieure Française et « mort pour la France » en 1949, puis « déporté politique » en janvier 1954, ce qui donne droit à la carte de combattant volontaire de la Résistance en mai 1956. Ses deux fils sont adoptés au titre de pupilles de la nation dès 1947. Le nom de René figure sur le monument aux morts de Blois.
Biographie écrite par Stanley Thery
Bibliographie
- Triquet, « René Marchand » in L. Thierry (dir.), Le Livre des 9 000 déportés de France à Mittlebau-Dora, Paris, Le Cherche midi, 2020, p. 1495-1496.
Source
- Arolsen Archives.
- AD41, 1375W 63, Registre des arrestations par date d’entrée (30 mai 1942 – 5 août 1944).
- AD41, 1375W 64, Fiches individuelles des personnes arrêtées.
- AD41, 1375W 73, Dossiers individuels des personnes arrêtées et condamnées, Dossier n°1355, « Arrestation de Bronzavia le 8.3.44 ».
- AD41, 1652W 20, Dossiers individuels de renseignements, dossier n° 1 117.
- SHD, AC 21P 481 898, Dossier de déporté-politique de René Marchand.
- SHD, GR 16P 392 084, Dossier d’homologation FFI de René Marchand.
