Biographie
Jean Emile Victor est né le 3 juin 1922 à Sin-le-Noble dans le département du Nord.
Il était le fils d’Emile Leleu, employé d’agent de change, et de Jeanne Capeau, fille d’industriels spécialisés en chaudronnerie basé dans le Nord. Élève à l’école primaire supérieure de Lille, il continua et acheva ses études supérieures par correspondance, car en 1939, ses parents quittèrent le département du Nord pour s’installer dans la maison familiale à Chabris dans l’Indre. Durant ses études secondaires à Lille, Jean participe au mouvement des Jeunesses antifascistes à partir de juin 1938, et adhère aux Jeunesses communistes en octobre 1939.
Titulaire du brevet supérieur, il assure des suppléances d’instituteur dans le département de l’Indre à partir d’Octobre 1941. Sa rencontre à Déols avec des résistants communistes, l’engage à des distributions de tracts et une participation aux chantiers de jeunesse en juillet 1942. Son action déplu à sa hiérarchie qui l’accusa de militantisme antinational, et l’exclu de l’enseignement. Toutefois, Jean réussi à se faire admettre dans le Loir-et-Cher ou il enseigna à l’école primaire de Bauzy. Le 12 janvier 1943, à Nevers, naquit sa fille Annick. Il épouse Alice Desguet, institutrice. Leur union fut officiellement actée à Nevers le 11 novembre 1943, en présence de deux témoins choisis dans la rue. Alice rejoint ensuite son jeune époux, réfractaire au S.T.O., réfugié dans le Loir-et-Cher.
Le couple entre en résistance, et rejoint le Front national et les FTPF en mars 1943, et jean adhère au Parti communiste en juin 1943.
Par la suite d’une dénonciation, Jean est arrêté à son domicile avec son épouse le 11 mai 1944. Incarcéré et sévèrement torturé dans les caves de la Villa du Cavalier à Blois, il est transféré avec Alice, le 26 mai 1944, en autobus, à la prison allemande d’Orléans ou il restera 8 jours. Dans une lettre écrite le 1er juin 1944 et jetée depuis le train le transportant à Compiègne, Jean tente de disculper sa femme en assumant l’entière responsabilité. Déporté vers le camp de concentration de Dachau (Kommando Allach), il est enregistré le 20 juin 1944 sous le matricule N° 72702.
Libéré le 20 avril 1945, il est rapatrié le 1er juin 1945, et revient habiter Vendôme.
Jean Leleu continuera d’exercer son métier d’instituteur au Plessis Dorin et à Mondoubleau, avant d’être nommé à Vendôme en octobre 1947.
Adhérent du Syndicat national des instituteurs dès octobre 1945, Jean s’est rapidement imposé comme une figure engagée du mouvement syndical enseignant. Élu au conseil syndical de la section départementale du SNI, il a poursuivi son action au sein du bureau départemental de la FEN-CGT, où il siégea régulièrement.
Son fils Alain naîtra le 3 octobre 1946 au Plessis-Dorin, ce qui combla de joie Alice et Jean, car les sévices corporels subis par Alice à Ravensbrück laissaient penser que le couple ne pourrait plus avoir d’enfant.
Secrétaire de la cellule communiste de Plessis Dorin, il intègre à partir d’octobre 1947 le bureau de la section communiste de Vendôme et en prend sa direction en 1949. Son implication le conduit à siéger au comité de la fédération communiste au début des années 1950, puis au secrétariat fédéral de 1950 à 1956. Il y occupe des responsabilités auprès des enseignants, après avoir suivi l’école centrale du P.C.F. pour les instituteurs communistes en 1952.
En 1956, Jean Leleu exprime son désaccord avec l’intervention soviétique en Hongrie et sur la question yougoslave, mais malgré tout, il conserve la confiance du secrétariat fédéral, en y poursuivant son engagement jusqu’en 1970, puis au comité fédéral jusqu’en 1972, année où il se retire pour raisons de santé, étant hémiplégique depuis la fin 1967.
Parallèlement à son engagement politique, Jean Leleu s’investit dans la mémoire et la solidarité. Adhérent de la F.D.I.R.P. (Fédération Nationale des Déportés, Internés Résistants et Patriotes) dès 1945, il siège à son conseil national. Il milite également à l’Association républicaine des anciens combattants et au Mouvement de la Paix, dont il devient le secrétaire départemental en 1954.
Jean Leleu s’illustre aussi dans la vie municipale : élu conseiller municipal de Vendôme de 1956 à 1959, il participe activement aux commissions des finances, du personnel, des écoles, de l’éducation physique, des sports et de la bibliothèque. Candidat communiste aux élections législatives de 1967 dans la circonscription de Vendôme, il obtient 6 117 voix et se désiste en faveur du candidat socialiste qui est élu. Jean Leleu se présente aussi au Conseil général dans le canton de Droué en 1964.
Il décède le 10 novembre 2009 à la maison de retraite de la M.G.E.N. (Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale) à Rognes (13840).
Il repose avec Alice au cimetière de Vendôme.
Biographie écrite par Martine Aubry-Rigny, Alain Casas et Denis Martin.
Bibliographie
Sources :
– Archives familiale.
– FNDIRP 41, archives Larcade.
– Archives arolsen
– Archives maitron : https://maitron.fr/leleu-jean-emile-victor-baptiste/
– Travailleur du Loir-et-Cher : Articles de Jean Leleu
– https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k946042k.image.r=jean-leleu.f1.hl
-https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k946031v.image.r=jean-leleu.f1.hl
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