Biographie
Georges Roger Angéli naît à Bordeaux le 12 janvier 1920. Il est le fils de René Léon Angéli et de Marie Augustine Angéli. Il grandit aux côtés de sa sœur aînée, Odette, née en 1913 et décédée en 1998 en Gironde. Georges Angéli s’éteint le 14 septembre 2010 à Vouneuil‑sur‑Vienne, à l’âge de 90 ans.
Après l’obtention de son certificat d’études, il devient apprenti chez un photographe. Cette profession influencera profondément son parcours de vie. En juillet 1939, à seulement 19 ans, il s’engage volontairement pour un service militaire de trois ans. Alors qu’il effectue ses classes à Caen, la guerre est déclarée. La période de la « drôle de guerre » commence. En route vers l’Algérie, il apprend à Marseille, à bord du navire qui l’emmène, que l’armistice a été signé. Il poursuit en dépit des circonstances son service militaire à Blida, jusqu’à son retour en France en 1942.
Installé à Poitiers, il reprend brièvement son activité de photographe. Rapidement requis par le Service du travail obligatoire pour participer à la construction du mur de l’Atlantique, il refuse cette contrainte et tente de gagner l’Espagne. Arrêté début 1943 près de Perpignan, il est interné successivement au Castillet, puis au camp de Compiègne. Le 25 juin 1943, il fait partie du premier grand convoi quittant Compiègne pour le camp de concentration de Buchenwald, où il arrive le 27 juin. Il y est immatriculé sous le numéro KLB 14824.
Photographe de profession, Georges Angéli est affecté au service photographique du camp, la Fotoabteilung. Cette affectation lui permet de bénéficier de conditions légèrement moins inhumaines que celles imposées à la majorité des déportés, privilège dont il a pleinement conscience. Employé au laboratoire, il réalise des tirages photographiques destinés à l’administration SS, tout en découvrant l’existence d’albums retraçant l’évolution et la réalité du camp.
Au péril de sa vie, il parvient à tirer clandestinement en double certaines photographies compromettantes, exécutions, cadavres, transports de morts, qu’il dissimule soigneusement. En 1944, avec l’aide de camarades de déportation, dont, il fabrique un appareil photographique rudimentaire à partir de matériel réformé et réussit à prendre clandestinement une série de clichés à l’intérieur du camp. Ces images, rares et précieuses, témoignent de lieux emblématiques de Buchenwald : la place d’appel, le crématoire, l’infirmerie du petit camp, les latrines, le block des cobayes ou encore l’arbre de Goethe.
Après le bombardement du camp en août 1944, il parvient à sauver les négatifs et les cache sous le plancher, puis les enterre afin d’échapper aux fouilles. Le lendemain de la libération du camp, il récupère cette cache et veille personnellement sur son contenu jusqu’à son rapatriement en France. À son retour, il développe les pellicules et montre immédiatement ces photographies, sans rencontrer toutefois l’écho espéré à cette époque.
Après la guerre, Georges Angéli s’installe dans le Loir‑et‑Cher, notamment à Saint‑Aignan, où il exerce à nouveau son métier de photographe, avant de s’établir à Châteaudun avec son fils.
Il démissionne du Parti Communiste Français en 1956 à la suite des événements survenus en vallée du Cher, et partage alors avec son ami intime Raymond Casas une profonde désillusion politique.
Acteur important du travail de mémoire, Georges Angéli accompagne activement Raymond Casas en 1963, lors de la réalisation des travaux photographiques pour le livre « La Résistance en Loir-et-Cher ». Cet engagement se prolonge ensuite par sa participation à la mise en place puis à l’animation du musée de la Résistance, de la Déportation et de la Libération du Loir‑et‑Cher, qu’il contribue à faire vivre comme un lieu de transmission et de partage de l’histoire. En 1995, il est un des membres fondateurs de ce musée, aujourd’hui reconverti en Centre mémoriel.
Jusqu’à son dernier souffle, Georges ne cessera de témoigner, de transmettre et de montrer ses photographies, convaincu de la nécessité absolue de préserver la mémoire de la déportation. Résistant par l’image, Loir-et-Chérien de coeur, Georges utilisera toute sa vie son objectif comme arme contre l’oubli et la barbarie.
Georges Angéli est citoyen d’honneur de la ville de Weimar.
Bibliographie
SOURCE :
- Mémoires à nos petits-enfants-Tome 1, Raymond Casas, Pages : 467, 468, 469, 556
- Extraits partiels du site de l’association Buchenwald-Dora. https://asso-buchenwald-dora.com/georges-angeli-1920-2010/
- Archives famille Casas
Documents